Dragon Age – Inquisition

Tu seras celui dont tout le monde doute…

Alors voilà, après plus de 150h de jeu je livre ma modeste chronique de Dragon Age Inquisition. Comme toujours ici vous ne trouverez pas de guide ou d’analyse détaillée du jeu, d’autres sites l’ont déjà fait (Wiki Dragon Age, Test sur Jeux Video.com), mais plutôt une chronique, une petite analyse du jeu et de ce qui peut vous plaire ou vous déplaire chez ce dernier, enfin si vous êtes un vieux rôliste comme moi et un gamer patenté, une expression du plaisir (ou des crispations) pris dans le monde de Thedas.

Pour mémoire Dragon Age Inquisition (DAI) est le troisième volet des aventures de valeureux héros et héroïnes prenant place dans un univers Medieval Fantasy créé de toute pièce par les sympathiques faiseurs de mondes de chez Bioware. Pour ceux qui connaissent leur classiques il s’agit des parents de Baldur’s gate, Neverwinter, Jade Empire, Mass Effect (rahhhh le meilleur de tous !), Star wars knight of the old Republic etc. Bref des équipes rodées au RPG, à ses codes, à une écriture solide et à des scénarios généralement bien pensés impliquant le joueur dans une histoire épique et puissante (quelques erreurs de parcours bien sûr mais personne n’est parfait).

Troisième volet donc de l’histoire du Monde de Thédas. Schéma classique d’univers où évoluent les races de base (Humains, Nains, Elfes) plus quelques autres (Qunaris). Chaque race disposant de ses propres groupes et factions comme il se doit.

Le premier Dragon Age prenait place à un moment crucial de l’histoire de Thédas où le monde plongeait dans le cinquième Enclin. En gros il faut comprendre que tout un tas de saletés démoniaques refoulent de par les tréfonds vers la surface avec à leur tête un Archi Démon dont le but est oh surprise de tout faire brûler… Je garde à assez bon souvenir de ce premier opus qui malgré quelques lacunes jouissait d’un scénario qui tenait debout et d’un univers crédible tant en terme politique qu’économique (guerre civile, conflit de races, etc.) sans être aussi puissant à mon sens que l’univers de The Witcher.

Le second Opus fut, il faut le reconnaitre, un fiasco complet, tant en terme de scénario que de gameplay, lourd, poussif avec des accès à l’inventaire très très fatigants. J’avoue l’avoir très vite oublié…

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Arrive donc le troisième opus… et autant le dire tout de suite ce fut une assez bonne surprise même si j’ai failli tout lâcher au bout de 60h 😀

Thedas est toujours là, Orlais, Ferelden, les Tevintides, les Dalatiens, les dragons ^^ La carte du jeu est assez importante.

Globalement rien ne va plus. Orlais est en pleine guerre civile entre les partisans de l’impératrice Sélène et ceux du Duc Gaspard, les cercles des mages ont quitté la Chantrie, laquelle est en train d’exploser de l’intérieur. Les Tevintides complotent comme d’habitude.

L’action prends place lorsque la Divine Justinia décide de proposer un conclave entre les cercles des mages et les templiers pour tenter de rétablir un semblant de calme et de paix dans la Chantrie. C’est lors de ce conclave que se produit une gigantesque explosion qui rasera tout ne laissant que des ruines… Ruines au milieu desquelles surgit un survivant, porteur d’une étrange marque à la main, en l'occurrence vous, comme toujours celui qui n’a rien demandé à personne… et dont tout le monde doutera (quand on ne cherchera pas à vous tuer…). Pour que les choses soient un peu plus intéressantes une immense brèche s’est ouverte dans le ciel favorisant le transit des engeances et esprits de toutes sorte de l’Immatériel vers le monde réel. Bref le tableau est posé vous savez déjà que vous aurez à fermer cette brèche.

Selon votre choix de race et de classe les choix et les présentations divergent (dans mon cas Humain/Voleur).

Sans dévoiler le scénario plus que ça sachez que votre marque vous octroie la possibilité de fermer les failles qui proviennent de la brèche et fera de vous à terme celui qui sera désigné pour diriger l’Inquisition, sous le titre d’Inquisiteur (celle là personne s’y attend…). Saupoudrez le tout de quelques manigances divines, d’esprits anciens et de personnages connus (Morrigan, Flemeth), de compagnons intéressants et pour certains hauts en couleur et vous tenez la base d’un bon RPG.

L’Inquisition sera donc une nouvelle force/faction dont vous serez le leader et qui orchestrera le destin de Thedas, rien que ça. Au fur et à mesure de votre progression (assez lente au début comme il se doit) vous rencontrerez vos compagnons et disposerez de votre propre fort (Fort Celeste) que vous pourrez améliorer et dans lequel vous pourrez naviguer à loisir pour discuter le bout de gras avec vos alliés et crafter comme un sauvage.

Comment tout ça fonctionne ? De l’xp de l’xp et encore de l’xp comme toujours mais pas que 🙂

En fait le système se divise en deux grands principes : vous gagnez de l’xp pour votre personnage et pour vos compagnons, ce qui permet de développer vos compétences selon un schéma assez classique d’une part, et vous cumulez des point d’influence selon les quêtes accomplies. Ces points d’influence se cumulent pour libérer à la fois des quêtes et des territoires sur la table d’état major et des point d’Inquisition.

oulla oulla mais tu vas trop vite compagnon !!

Ok je reprends :p

Commençons par les bases

Comme toujours on cumule de l’expérience (xp) en tuant des monstres, résolvant des énigmes, discutant avec nos compagnons etc. Ces points d’xp permettent la montée de niveau et l’acquisition de compétences, réparties en plusieurs arbres propres à chaque classe. Les classes sont comme toujours Guerrier/Mage/Voleur. Chacune disposant de ses embranchements spécifiques et de “super spécialisations”. Bref tout est expliqué ICI.

Dans mon cas c’était voleur (double dague au début) puis Assassin (on se refait pas :p). Bon première grosse frustration le système de combat… à vouloir mixer le combat dynamique et le stratégique en mode “pause” comme à la Baldur’s Gate avec vu pseudo du dessus, on obtient un truc pas inintéressant mais poussif, poussif… tellement poussif que ça devient pénible d’engager un combat (et pour un RPG c’est un peu triste).

Certaines classes sont de fait injouables comme le voleur double dagues… Pas assez de protections, trop lent, il passe plus de temps au sol que dans l’action. Ce fut la cause de mon presque abandon je l’avoue. D’une part j’étais frustré de ne pas pouvoir switcher entre armes de jet et armes de poing (et oui je ne comprends pas ce choix de Bioware, depuis quand un voleur ou un guerrier ne peut-il pas switcher entre les deux ?? o_O) et d’autre part je passais plus de temps à contrôler les compagnons et à combattre avec eux qu’avec mon propre personnage… heureusement existe la possibilité de faire un reset des compétences (attention au sein de la même classe seulement, impossible de passer un voleur en guerrier ou en mage) ce qui m’a permis de passer mon personnage en archer… oufff plaisir de jeu retrouvé, meilleure dynamique de combats. Sans cette option après plus de 60h de jeu je laissais tomber..

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Enchainons !

Les points d’influence… Kesako ?

Vous découvrez assez rapidement dans la jeu la table d’Etat Major. Cette dernière vous permet de gérer la carte et de débloquer des lieux/quêtes, obtenir des informations, faire des choix stratégiques. Pour accéder à certains lieux/choix etc il faut dépenser des points d’influence… voilà vous avez tout compris. Donc tout n’est pas ouvert dès le départ, il vous faudra explorer assez méticuleusement chaque territoire pour résoudre des quêtes, ramasser des points d’influence et ouvrir de nouvelles options. La quête principale est d’ailleurs soumise à ce principe. Impossible d’avancer sans faire de quêtes annexes. Rassurez-vous les points d’influence se gagnent et se stockent assez vite, plus vite qu’ils ne se dépensent en fait.

Enfin il existe un niveau de points d’influence qui vous permets de débloquer des points d’inquisition répartis entre 4 Grand thèmes et qui vous permettent de façonner votre Inquisiteur à vos souhaits. Doit-il être habile dans le Noble jeu ? Être un spécialiste du crochetage ? Monter à cheval comme Zorro ? Bref l’image ci-dessous montre en exemple de ces compétences.

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Et celle-ci le déploiement des compétences liées (ici Secrets).

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Comme vous l’aurez noté plusieurs personnages vous accompagnent à la table d’Etat Major. Ce sont les éléments clés de l’inquisition : Cullen pour l’armée, Leliana pour le renseignement et Joséphine pour la diplomatie. Chaque conseiller peut intervenir à sa façon sur un événement, à vous de choisir en fonction de votre style de jeu et de votre stratégie.

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C’est une bonne trouvaille, sans doute un des éléments les plus intéressant du jeu qui avec l’amélioration et les possibilité de personnalisation de Fort Céleste vous immerge dans l’univers et vous donne un peu de la complexité de la prise de décision d’un dirigeant en temps de crise.

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Avant d’enchainer sur mes sentiments vis à vis de l’intrigue, de l’implication du joueur etc. il me reste un dernier point à aborder qui était assez sympa bien que comme souvent parfois frustrant quand il vous manque le bon ingrédient, j’ai nommé le Crafting 🙂

Le Crafting fait donc son grand retour, vous permettant de forger vous même vos armures, vos armes, d’améliorer vos potions etc. Le tout à base de schémas et d’ingrédients divers (métaux, plantes, loots etc.).

Mon seul reproche concerne le fait de ne pouvoir comparer les stats d’un objet en cours de crafting avec un autre de l’inventaire. Du coup des allers retours pénibles sont nécessaires entre l’interface de l’inventaire et la table de craft…

Le système est assez bien pensé, les schémas se divisent en plusieurs grades de réalisation, plus vous explorez de contrées et plus votre groupe progresse plus vous obtenez de ressources et de shémas de grades importants. A noter que si le craft vous inspire peu ou pas vous pouvez acheter et/ou trouver des objets rares, voir uniques disposant de bonnes capacités mais toutefois toujours inférieures à celles que vous pourriez crafter. Trouver de la ressource n’est pas si fastidieux, toutes les maps disposant de leurs propres environnements faune/flore et minéraux.

Il y a donc de quoi prendre du plaisir en terme de personnalisation.

Et pour le reste qu’en est-il ?

Et bien l’histoire est intéressante, quoique simpliste au premier regard elle le restera pour celui ou celle qui ne fait pas d’effort de lecture du gigantesque codex mis à disposition du joueur (comme pour Mass Effect d’ailleurs). C’est rébarbatif pour beaucoup et c’est vrai que c’est chronophage mais lorsqu’on souhaite pénétrer un univers il n’y a que ça à faire, le jeu en lui même ne peut restituer toute la puissance de l’univers mis en place par ses créateurs. Sans ce temps de lecture vous passerez à côté de l’essentiel de l’histoire et de ses protagonistes principaux en particulier une certaine Flemeth…. mais je n’en dirais pas plus :p Simplement que vous pensez que tout est cousu de fil blanc dès le départ alors.. que non 🙂

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Dragon Age Inquisition a de quoi vous emmener, les décors sont somptueux, les personnages de l’équipe pour les 2/3 sont riches et disposent de personnalités fortes et intéressantes. Ils ont comme toujours leur propres quêtes personnelles pour lesquelles ils solliciteront votre aide. Une fois résolues vos compagnons disposeront d’une compétence spéciale. Les mêmes compagnons approuveront ou désapprouveront vos actions de manière bien plus subtile et moins prévisible que dans Mass Effect ce que j’ai trouvé appréciable.

Vos choix moraux feront de votre expérience une expérience unique puisque je crois qu’il y a pas loin d’une quarantaine de fins disponibles 🙂

Ma préférence sur ces compagnons ira sans nul doute à Cassandra, Blackwall, Dorian et Solas.

Sans oublier les conseillers Cullen, Léliana et Josephine.

A noter que comme toujours des romances sont possibles quelque soit votre préférence (hétéro/homo) ce qui reste une constante appréciable dans l’univers Bioware.

Vous alternerez donc votre temps de jeu entre de l’exploration de carte d’une large taille disposant d’un quota de quêtes tout fait satisfaisant et la quête principale, cependant ne soyez pas trop pressés de finir cette dernière et prenez le temps de respirer Thedas. J’avoue un faible pour les forêts qui sont très bien restituées et pour les éclairages de ces dernières (en tout cas sur XboxOne).

Enfin comme toujours chez Bioware vous disposerez d’une bande son parfaite, riche et puissante, chargée d’émotion quand il le faut et vous projetant dans les moments les plus épiques du scénario avec une facilité déconcertante, du bel ouvrage. Elle peut faire concurrence à la bande son de the Witcher qui reste un modèle du genre pour ce type d’environnement MedFan.

Enfin il est impossible de clôturer DAI sans parler des dragons 🙂 Ils sont somptueux, difficiles si on joue sérieusement et remettent en perspective les pauvres bipèdes que nous sommes…. Allez je ne résiste pas à une “dernière” petite image :p

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En attendant vous l’aurez compris DAI reste une bonne option pour les joueurs de RPG qui aiment l’idée d’avoir une équipe et que la lenteur des combats ne répugne pas. Nul doute qu’il sera déclassé par The Witcher 3 (lui aussi je le ferai mais jamais 2 RPG de suite c’est la règle :D) mais sur le long terme il restera une valeur sûre.

NB : Je n’ai pas testé les 2 DLC sortis pour DAI, après 150h de jeu j’avoue avoir envie de retrouver un autre chevalier, noir celui là avec des combats un peu plus dynamiques 😉 Sans doute la prochaine chronique….

Je garde donc un bon souvenir de ces heures passées, quelques frustrations c’est sûr quand au système de combat, un ou deux grognement devant des raccourcis scénaristiques sur des quêtes annexes, mais rien qui ne soit gravissime. DAI se mérite mais il en vaut finalement la peine.

Benedyct

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